Chronique | La princesse de Clèves de Madame de la Fayette

  • Note : ★☆☆☆☆515v3qshd0l-_sx315_bo1204203200_

Titre : La princesse de Clèves
Auteurs : Madame de la Fayette
Editeur : Folio
Parution : 1942
Pages : 191
Prix : 5,90€

Résumé :
« Je vais vous faire un aveu que l’on n’a jamais fait à un mari…  » Sincère, tourmentée, la princesse de Clèves ne parvient plus à taire ses sentiments. Elle brûle d’amour depuis trop longtemps pour le duc de Nemours, l’un des plus beaux fleurons de la cour d’Henri II. Son désir est ardent ! Désespéré ! Mais elle a juré fidélité à son époux, le prince de Clèves. Elle aspire au bonheur et ne peut brader sa vertu. Elle veut aimer sans trahir… Cruel dilemme ! Faut-il donc renoncer au monde ? Faire ainsi le malheur d’un mari et d’un amant ? La mort est-elle préférable aux affres de l’amour ? Du mariage au déchirement, de la pudeur au sacrifice… Madame de La Fayette exprime jusque dans ses plus impudiques silences la langue subtile de la passion.

Vous aurez peut-être remarqué que je vous présente plutôt des classiques ces derniers temps. En effet, étant actuellement en classe de première, j’ai un certain nombre de romans à lire dans le cadre du lycée, et que ces derniers m’aient plu ou non, je trouve toujours cela intéressant de vous en faire la chronique. Aujourd’hui, je m’attaque donc à La princesse de Clèves de Madame de la Fayette.

J’ai bien dit je m’attaque. En effet, comme vous allez très vite le comprendre, ma critique ne va malheureusement pas être des plus élogieuses.

Le roman est constitué de personnages historiques, qui ont réellement existé : le duc de Nemours est par exemple inspiré d’un personnage de la cour d’Henri II. A ces personnages historiques se mêlent néanmoins des personnages romanesques, inventés de toutes pièces. La princesse de Clèves est de ceux-là. Cette dernière est amoureuse du duc de Nemours, mais refuse par vertu de se laisser aller à ses sentiments. Voilà plus ou moins tout ce que vous avez besoin de savoir, non pas car je crains de vous spoiler, mais parce qu’il n’y a en fait pas grand chose à dire de plus. Toute l’intrigue se base sur les sentiments que le duc et la princesse éprouvent l’un envers l’autre et leur histoire d’amour, que le lecteur sait dès le début vouée à l’échec. Bien que le narrateur soit omniscient, ce roman privilégie vraiment l’analyse psychologique des personnages, au détriment d’action et de réels rebondissements. Or, si dans certains ouvrages l’absence d’action ne me dérange absolument pas, ici, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. J’ai trouvé le style lourd au possible. Toutes ces phrases à rallonge, ces tournures alambiquées … De plus, il y a beaucoup de noms de personnages différents qui rendent la lecture complexe, au début du roman notamment. Ainsi, entre histoires de familles, alliances et trahisons, je ne parvenais à comprendre qui était qui et où l’auteur voulait nous mener. 

Le message véhiculé par ce roman est loin d’avoir fait écho en moi. La princesse de Clèves est uniquement considérée pour sa beauté et sa vertu, c’est-à-dire sa capacité à se taire et à obéir. Si le prince de Clèves et le duc de Nemours tombent sous son charme, c’est d’ailleurs pour sa beauté, rien de plus. Tout repose ici sur le simple physique des personnages, aucun de leurs autres traits de caractère n’est réellement développé. De plus, et cela est purement personnel, mais j’ai vraiment du mal à comprendre la conception d’un amour sincère reposant uniquement sur une attirance physique. Je suis consciente qu’il faut considérer l’oeuvre dans son contexte historique, différent de celui dans lequel nous vivons actuellement. Néanmoins, l’idée d’un amour passionnel « dès le premier regard » reste encore souvent évoquée de nos jours, et si je conçois qu’un amour de ce type puisse être possible, je pense en revanche que ce sentiment ne peux perdurer dans le temps sans qu’un lien qui dépasse la simple attirance physique ne se noue.

Enfin, l’entêtement de la princesse à rester fidèle à un mari qu’elle n’aime pas m’a rendue folle. Je pense qu’il y a une limite à tout : dans un sens comme dans l’autre, les extrêmes ne sont jamais bons à prendre, et ce même lorsqu’il s’agit de moralité. Et peut-être est-ce d’ailleurs ce que ce roman entend démontrer, mais si c’est le cas, il le fait de façon bien trop maladroite à mon goût.

Néanmoins, je ne peux pas dire être restée insensible face à cet « amour », car même si ce dernier s’éloigne de la conception que je m’en fait, les sentiments éprouvés par les personnages restent tout de même très forts. J’ai par exemple beaucoup apprécié le paradoxe souligné lorsque le duc de Nemours apprend l’amour que lui porte la princesse de Clèves, parfaitement résumé par cette citation : « Il se trouva à la fois heureux et malheureux tout ensemble ». En effet, si ce dernier est heureux de voir ses sentiments partagés, il comprend vite qu’il ne pourra bénéficier de cet amour, et malgré tout, son bonheur d’être aimé prend le dessus. Cela est très touchant et marque la puissance de la passion qui le consume. De manière plus générale, j’ai aimé les passages où l’auteur décrit leurs sentiments respectifs, car la plume est très belle, et le style passe alors de lourd à sublime. Il est simplement dommage que ce type de passages se soient fait si rares.

Je ne peux donc nier la beauté de cette histoire, et je conçois qu’elle ait pu toucher certaines personnes. D’ailleurs, au sein de ma classe, beaucoup ont adoré La princesse de Clèves, le hissant même au rang de leurs romans préférés. Alors c’est peut-être moi, mais en ce qui me concerne,  à l’exception de quelques passages, je me suis juste ennuyée à mourir. Est-ce un trop grand décalage avec l’époque dont il est question, le manque d’action, le style d’écriture ? Je ne saurais le dire, mais toujours est-il que cette lecture fut loin d’être un plaisir.

Et vous, avez vous lu La princesse de Clèves ? Si oui, qu’en avez vous pensé ?
Si non, comptez vous le lire ?
Votre avis m’intéresse ! :)

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