Chronique | Le Passeur de Lois Lowry

  • 9782211208345Note★★★★☆

Titre : Le Passeur
Auteur : Loris Lowry
Editeur : L’Ecole des Loisirs (collection Médium)
Parution : 1994
Pages : 288 pages
Prix : 8€

Résumé :
Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n’existent pas. Les inégalités n’existent pas, la désobéissance et la révolte n’existent pas. L’harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le Comité des sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveau-nés inaptes sont  » élargis ». Personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c’est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait quel continent était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l’oeil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d’une grande cérémonie, il se verra attribuer, connue tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. Jonas ne sait pas encore qu’il est unique. Un destin extraordinaire l’attend. Un destin qui peut le détruire.

J’avais souvent entendu parler du Passeur comme un classique de la dystopie jeunesse, et moi qui aime beaucoup ce genre, je me devais donc de le découvrir. Cela faisait un certain temps que je n’avais pas lu de dystopies, c’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers ce petit roman.

Le Passeur m’a de suite rappelé le premier tome de la saga Delirium par de nombreux aspects, la romance qui m’avait passablement agacée en moins. En effet, tout comme dans Delirium, le protagoniste Jonas vit dans un monde où les gens ne ressentent aucunes émotions, n’éprouvent pas de sentiments, sont privés de tous souvenirs. Tout y est neutre, fade. Les couleurs n’existent pas, les animaux non plus. Un monde où tout est réglé au millimètre près. Et au premier abord, cela semble plutôt idéal : plus d’inégalités, de guerre, de conflits. La souffrance n’existe pas. Jonas va avoir douze ans, et c’est à cet âge que les enfants se voient attribuer le futur métier qu’ils exerceront dans la communauté.

Le récit met un peu de temps à se mettre en place, la formation de Jonas ne commence réellement qu’au bout d’une centaine de pages. Cependant,  on rentre vite dans l’histoire et c’est vraiment très intéressant de découvrir les bases de cette société où tout est si contrôlé. Ainsi, je n’ai pas trouvé le début trop long. Je pense que dans les dystopies, il est primordial de prendre le temps d’expliquer le système mis en place afin que le lecteur en comprenne bien toute la complexité. C’est plutôt la seconde partie du roman que j’ai trouvé trop précipitée. D’ordinaire je ne suis pas du tout réticente aux fins ouvertes, bien au contraire. Cependant, ici j’avoue que le dénouement m’a laissé plus que perplexe, et pour être honnête je ne saurai dire si je l’ai apprécié ou non. Ce qui est sûr, c’est que j’ai été un peu frustrée par les choix de l’auteur, j’aurai vraiment aimé avoir plus d’informations sur ce que devient la Ville et la façon dont elle va évoluer. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’était bâclé, cependant cent pages de plus auraient été les bienvenues. 

J’ai beaucoup aimé le personnage de Jonas, et la manière dont il évolue. Au début, on voit bien qu’il est totalement conditionné par la société dans laquelle il a grandi, remettre ce système en question ne lui est tout simplement jamais venu à l’esprit. Au fur et à mesure que le Passeur lui livre ses souvenirs, il commence cependant à développer un esprit plus critique. Toutes ses certitudes volent en éclat. Il réalise qu’il vit sans avoir le choix depuis toujours, et comprend que l’absence de souffrance et de douleur implique inévitablement l’absence de bonheur et d’amour. Est-ce vraiment cela, la vie ?  Ce roman ouvre d’intéressantes pistes de réflexions. Vaut-il mieux vivre dans l’ignorance et ne jamais connaître la souffrance, au prix de notre liberté de choix ? Notre métier, celui ou celle qui partage notre vie, et même le prénom de nos enfants, autant de décisions qu’il nous semble totalement aberrant de confier à quelqu’un d’autre. Et en même temps, lorsque l’on n’a jamais rien connu d’autre que ce système, pourquoi le remettrait-on en cause ? 

Ce livre est selon moi parfait pour faire découvrir le genre dystopique aux plus jeunes, et d’ailleurs je pense vraiment que l’on devrait donner ce roman à lire aux enfants en tant que lecture scolaire. On découvre ici toute la complexité de la nature humaine à travers le regard innocent d’un garçon d’une douzaine d’année, de cette manière les enfants peuvent sans problème s’identifier à Jonas et imaginer comment ils auraient réagi à sa place. Cependant, il ne faut pas pour autant être rebuté par l’aspect « jeunesse » du livre, vous pouvez tout aussi bien le lire et l’apprécier en tant qu’adulte. Pour ma part, j’ai trouvé que c’était un roman particulièrement intéressant, et bien que le dénouement m’ait un peu laissée sur ma faim, je ne peux que vous re-conseiller vivement cette histoire.

Et vous, avez vous lu Le Passeur ? Si oui, qu’en avez vous pensé ? Si non, comptez vous le lire ? Votre avis m’intéresse ! (:

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