Chronique | Antéchrista d’Amélie Nothomb

Note : ★★41iwphfp2dl

Titre : Antéchrista
Auteur : Amélie Nothomb
Parution : 2003

Résumé :
Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n’en revient pas de ce bonheur presque écrasant. Elle n’hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l’installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train.
Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s’affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre. 

Comme tous les ouvrages d’Amélie Nothomb, Antéchrista est un roman très court. Je l’ai lu en quelques heures seulement. Mais cela en fait-il pour autant un bon roman ? N’est-ce pas justement trop facile ?

Blanche est une jeune fille effacée, plutôt solitaire. Bien qu’elle cherche à s’intégrer, une barrière se dresse entre entre elle et les autres. C’est un personnage ambigu, difficile à comprendre : on est à la fois touchés par sa solitude et son mal-être, et agacés par sa passivité et son manque de rationalité. De fait, on s’attache à elle sans vraiment s’attacher, on la comprend sans vraiment la comprendre. Finalement, on la voit avec beaucoup de distance, notamment au début de sa relation avec Christa. Heureusement, son personnage se révèle au fil du roman : malgré son caractère passif, elle semble en effet la plus consciente et lucide de tous au sujet de la situation.

« J’avais toujours été seule, ce qui ne m’eût pas déplu si cela avait été un choix. Je rêvais d’être intégrée, ne fût-ce que pour m’offrir le luxe de me désintégrer ensuite. »

Et puis, il y a Christa. Christa est à l’opposée même de Blanche : brillante, charismatique, populaire, l’amie dont tout le monde rêve. Dès le début, on sent venir l’arnaque, vous voyez ? C’est trop beau pour être vrai. Très vite, avant Blanche elle-même, on réalise la manière dont Christa manipule ceux qui l’entourent. Deux profils intéressants, donc. Si leurs caractères manquent de nuances, il me semble que c’est intentionnel de la part de l’autrice. Mon avis est le même concernant l’attitude des parents : si j’admets que leur comportement frôle la démesure, je pense que c’est voulu et cela contribue à renforcer l’ambiance malsaine du roman.

« J’étais punie. Si elle ne venait pas me parler, n’était-ce pas que j’avais commis une erreur? Et je passais des heures à ressasser mes comportements, à la recherche de ce qui m’avait valu un châtiment dont le bien-fondé m’avait échappé, sans que je parvinsse à douter de sa justesse. »

Antéchrista, ou une fable sombre et perverse sur la manipulation et les rapports de domination entre individus. Par de nombreux aspects, ce roman m’a rappelé l’amitié toxique dépeinte dans Respire d’Anne-Sophie Brasme et le film du même nom adapté par Mélanie Laurent, notamment au début de la relation entre Blanche et Christa.

La tension monte crescendo, le lecteur n’attend qu’une seule et unique chose : savoir comment Blanche va se sortir de cette situation toxique et destructrice. Un roman si addictif que l’on ferait presque abstraction de la médiocrité du style. Ce n’est de toute manière pas ce qui fait la force des romains d’Amélie Nothomb. Ce qui fait leur force, c’est son habilité à faire ressentir tant d’émotions en si peu de pages. L’autrice nous tient en haleine du début à la fin. On pressent le drame qui s’annonce : la relation entre Blanche et Christa ne peut qu’aboutir sur une tragédie.

« Elle ne s’appelle pas Christa, elle s’appelle Antéchrista. »

Et pourtant, je ne suis pas totalement emballée. J’ai bien aimé, mais il m’a manqué quelque chose : c’est trop court, trop bref, on en attend plus. Il y aurait matière à développer davantage, exploiter les différents personnages, aller au bout du tournant inattendu que prend l’intrigue. Comme lors de mes précédentes lectures des livres de Nothomb, je reste donc sur ma faim. Une bonne lecture, mais sans plus.

Et vous, avez vous lu Antéchrista ? Si oui, qu’en avez vous pensé ?
Si non, comptez vous le lire ?
Votre avis m’intéresse ! :)

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