Chronique | Max de Sarah Cohen-Scali

  • Note★★★★★couv47370106

Titre : Max
Auteur : Sarah Cohen-Scali
Editeur : Gallimard Jeunesse (Scripto)
Parution : 31 mai 2012
Pages : 480 pages
Prix : 15.90€

Résumé :
« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Max est un roman qui m’intriguait beaucoup pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, par son aspect historique : le récit a lieu pendant la Seconde guerre mondiale, et j’adore tout ce qui se rapporte à cette période. Ensuite, car je n’avais jamais entendu parler du programme « Lebensborn » auparavant, et que j’avais très envie d’en savoir plus sur le sujet. Tout le bien que j’ai entendu à propos de ce livre n’a donc fait que renforcer mon envie de me plonger dedans.

Comme je viens de le mentionner, cette histoire lève le voile sur le programme « Lebensborn », mis au point pendant la seconde guerre mondiale. Dans le but d’étendre le plus possible la race aryenne, des femmes considérées comme appartenant à la race « pure » s’accouplaient avec des hommes SS. Le but étant d’obtenir de parfait petits bébés aryens, afin de constituer l’élite du pays. Le personnage principal, Konrad (Max) est l’un de ces bébés conçus pour le bien de la patrie.

Ce livre est très perturbant. L’histoire débute alors que Konrad n’est encore qu’un simple foetus dans le ventre de sa mère, et déjà il se croit supérieur à tous. Il pense qu’il est le plus beau, le plus grand, le plus fort. Le petit garçon est totalement conditionné par le régime nazi et voue un immense culte au Führer, qu’il considère comme son père. C’est extrêmement perturbant, car on est rarement du point de vue des « méchants » dans ce genre de roman, et encore moins celui des enfants. Or ici le point de vue est interne au protagoniste. Cela donne donne un style très particulier, presque malsain. On est choqué, révolté par toutes les pensées de Konrad, par ce qu’il fait. Et puis, on se dit que ça n’est pas de sa faute. Il est jeune. Influençable. On fait tout notre possible pour lui trouver des excuses, parce qu’on a envie de croire qu’il changera d’avis en grandissant. Bien qu’il soit vraiment intéressant, Konrad n’est cependant pas un personnage auquel je me suis réellement attachée. En revanche, j’ai eu un véritable coup de coeur pour le personnages de Lukas. C’est un garçon très intelligent, qui va jouer de l’absurdité du système et de ses prétendus critères raciaux. Ce personnage, bien qu’il ait des idéaux à l’opposée totale de ceux de Konrad, va petit à petit devenir un exemple pour lui et lui permettra de remettre ses certitudes en questions. Il sera la famille, le grand frère qu’il n’a jamais eu.

Ce livre ne m’a pas fait pleurer, en revanche j’ai eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises. Il raconte des faits tellement horribles, tellement révoltants, qu’on ne peut qu’être touché au plus profond de nous. Parce qu’on a beau savoir que cela s’est réellement passé, on a du mal à le réaliser pleinement. Ce livre enlève le masque qu’on se met inconsciemment sur les yeux, pour se protéger en quelque sorte. Et on se retrouve face à face avec l’horreur et l’absurdité les plus totales. Ainsi, on voit vraiment toute l’évolution de la société allemande du début à la fin de la guerre : l’aspect historique du roman est très bien traité. L’histoire aborde des sujets très différents mais tous aussi importants.

Pour conclure, c’est donc un roman que j’ai énormément aimé. Je le conseille à tous. Il faut lire Max, ce livre est totalement ancré dans la réalité de la Seconde guerre mondiale et retranscrit à merveille cette période, tout en levant le voile sur des aspects dont on n’a pas forcément l’habitude de parler. Cela n’est rien de moins qu’un petit bijou.

Et vous, avez vous lu Max ? Si oui, qu’en avez vous pensé ? Si non, comptez vous le lire ? Votre avis m’intéresse ! (:

Publicités

4 réflexions sur “Chronique | Max de Sarah Cohen-Scali

  1. Pingback: Sommaire | La balade des mots

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s